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Choisir, configurer et installer un VPS

Choisir, configurer et installer un VPS
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Il peut parfois être utile d’avoir un serveur à soi, pour faire des serveurs de jeu, ou des serveurs web, notamment. C’est pourquoi nous vous proposons cet article, qui vous expliquera les bases du choix et de l’utilisation d’un VPS. Fréquemment, vous rencontrerez des balises marquées “Pour aller plus loin”. Vous n’êtes pas obligé de les lire, toutefois, elles contiennent des informations importantes pour vraiment comprendre ce que vous faites. L’article vous permettra donc de choisir un VPS, puis de l’installer, et de le configurer, afin de le rendre pleinement utilisable.

Commençons, tout d’abord, par définir les différents termes techniques contenus dans l’article, qui vous permettront de le comprendre intégralement.

  • VPS : Le terme VPS est l’abréviation de “Virtual Private Server”. Comme son nom l’indique, un VPS est un serveur privé virtuel. Un VPS est stocké sur un “véritable” serveur, qui a été divisé en plusieurs VPS, indépendants les uns des autres. Ceci permet de bénéficier d’un réel serveur, sans toutefois investir dans une machine complète, bien plus onéreuse, et inutilement puissante pour de petits usages. C’est donc une formule très populaire pour l’hébergement de petits serveurs de jeu, ou de petits sites web, puisque cela offre une plus grande souplesses que d’autres offres, dites “mutualisées”, tout en restant très accessible.
  • Debian et Linux : Debian est un système d’exploitation, donc similaire à Windows ou Mac OS X. Il est basé sur le noyau Linux, comme de nombreux systèmes d’exploitations. C’est pourquoi on le qualifie de “distribution Linux”. Sa gratuité et la disponibilité de son code source en font une distribution libre. Il s’agit du système d’exploitation le plus utilisé sur les serveurs, puisqu’il est gratuit, très léger et très stable. En outre, il est suivi par une très grosse communauté, qui permet de bénéficier d’un grand nombre de logiciels, mais aussi d’une aide assez accessible. C’est pour ces raisons que nous utiliserons cette distribution, avec le noyau Linux. Vous êtes libres d’en utiliser d’autre. Toutefois, la majeure partie de ce tutoriel deviendra invalide avec un autre système d’exploitation.

Pour aller plus loin...

Vous l’aurez compris, Debian est loin d’être le seul système d’exploitation sur serveur, bien qu’il soit majoritaire, de nombreux systèmes d’exploitation sont utilisées sur des VPS, à commencer par d’autres distributions Linux, telles qu’Ubuntu (basée sur Debian), mais aussi CentOS, ou OpenSUSE. Toutefois, les distributions Linux ne sont pas seules, bien qu’extrêmement majoritaires. Linux est concurrencé par d’autres noyaux Open Source, tels que celui qu’on retrouve sur FreeBSD (bien moins répandu que Linux, toutefois), noyau qui est également disponible sous Debian (nous préférerons néanmoins Linux). Enfin, des systèmes bien plus proches des systèmes d’exploitation personnels sont également disponibles, mais peu utilisés puisque répondant à des besoins bien plus spécifiques, et étant plus lourds et beaucoup plus coûteux. On peut citer, par exemple, Windows Server, ou macOS Server.

Concernant Debian, il a l’avantage d’être très stable, du fait de son mode de développement. En effet, chaque version est progressivement mise à jour pendant quelques 2 ans (les programmes sont, cependant, testés pendant plusieurs jours sur une autre version, et ne seront intégrés dans la version en développement que s’ils sont quasiment exempts de bugs pendant plusieurs jours), et est généralement gelée pendant environ 6 mois, afin d’éliminer un maximum des bugs gênants. Une fois une version stable sortie, elle n’a quasiment plus de mises à jour, sauf, généralement, pour l’optimisation et la correction de bugs. Une version stable, une fois sortie, est maintenue pendant 5 ans, ce qui permet d’éviter de mettre à jour son serveur trop souvent, ce qui est généralement une opération périlleuse. Actuellement, trois versions sont stables et encore supportées, il s’agit de Debian 7 Wheezy, Debian 8 Jessie et Debian 9 Stretch, stable depuis quelques semaines. La prochaine version, déjà en cours de développement (pouvant même être testée) est Debian 10 Buster. Ce système permet d’avoir un système très stable et sécurisé, mais pas toujours à la pointe de la technologie, ce qui tombe bien, puisque ce n’est pas ce que nous cherchons principalement lorsque nous installons un serveur. Au cours de ce tutoriel, nous utiliserons Debian 9.

  • (Terminal) SSH et SFTP : SSH est un protocole qui permet de se connecter à un serveur fonctionnant sous Linux, en utilisant la “console à distance“, vous permettant donc de taper des commandes sur la console du serveur en passant par Internet. Il s’agit d’un protocole simple et léger, mais aussi sécurisé. C’est pourquoi ce sera le seul que nous utiliserons dans ce tutoriel, bien que des équivalents en format “bureau” existent, ceux-ci sont plus lourds, moins fonctionnels, moins stables et moins sécurisés. Par extension, le terminal SSH est le logiciel qui permettra d’utiliser cette console à distance. Enfin, le protocole SFTP est un moyen de transférer des fichiers vers un serveur, en passant par le SSH, offrant de meilleures vitesses que le FTP, tout en étant plus sécurisé et plus léger. Nous utiliserons donc ce protocole pour transférer des fichiers, tout au long du tutoriel.

Ces quelques définitions en tête, nous pouvons maintenant attaquer le cœur du sujet.

dividerChoisir le bon VPS

Afin d’avoir un VPS fonctionnel, il faut commencer par le choisir. C’est pourquoi nous allons commencer par étudier vos besoins éventuels, pour savoir quels types d’offres vous conviendront le mieux. Notez que, contrairement à un hébergement web ou à un serveur Minecraft, il n’est pas possible d’avoir un VPS gratuit, et il faudra compter quelques 3€ mensuels au minimum, bien que des prix inférieurs existent sur le marché. Avant toute chose, commençons à définir les différents termes que vous rencontrerez, pour comprendre au mieux ce que vous vous apprêtez à acheter.

  • RAM ou Mémoire Vive La RAM est la mémoire vive du VPS, c’est donc la mémoire qu’il pourra utiliser, et donc que vous pourrez allouer à vos différents processus. Notez qu’il est impossible de la dépasser, c’est pourquoi il s’agit d’un paramètre primordial. Toutefois, contrairement à ce que l’on peut penser, il ne s’agit pas de la caractéristique la plus importante.
  • vCore et CPU : un vCore est un cœur du processeur réel alloué à votre serveur. Toutefois, il s’agit d’un maximum, par conséquent, il se peut que vous ne bénéficiez pas de toutes les performances promises. Le CPU est le processeur dont est équipé le serveur (réel, cette fois-ci). Plus il est puissant, plus vous aurez de ressources, et mieux vos processus fonctionneront. Il s’agit, là aussi, d’un paramètre très important.
  • HDD, SSHD et SSD : Ces trois termes servent à désigner un type de stockage. Un HDD (ou Hard Disk Drive) est un disque dur traditionnel. Généralement, les volumes de stockages proposés sur un HDD sont plus gros, mais les HDD sont moins rapides que les autres. Les SSD (ou Solid State Drive) sont un autre moyen de stockage de masse, plus coûteux, par conséquent, à prix égal, votre volume de stockage sera moins élevé que sur HDD, néanmoins, ils offrent une bien plus grande vitesse d’accès et une latence moindre, c’est pourquoi nous vous recommandons d’opter pour cette option, à moins que vous n’ayez beaucoup de fichiers à stocker. Enfin, les SSHD sont un mélange des deux solutions. Il s’agit donc d’un HDD classique, doté d’un “cache” SSD, permettant d’accéder plus rapidement aux fichiers les plus utilisés. Cette solution est envisageable si vous voulez stocker de gros volumes de données sur un VPS assez peu onéreux.
  • La bande passante : La bande passante est la vitesse de la connexion à laquelle devrait avoir accès votre serveur. Il s’agit systématiquement de débit montant (partant de votre serveur, donc), puisque le descendant est généralement moins intéressant sur un serveur. Elle est généralement exprimée en Mégabits par seconde. C’est pourquoi vous devez faire attention à ne pas confondre les Mégabits par seconde (Mb/s), avec les Mégaoctets par seconde (Mo/s), que l’on peut aussi retrouver écrits “Mégabytes per second”, soit “MB/s“, qui sont l’unité de mesure la plus courante chez les particuliers, mais un Mégaoctet vaut 8 Mégabits. Il faut donc y faire attention. Notez enfin qu’il s’agit, généralement, de bande passante garantie, et donc que vous pourriez bénéficier de débits bien plus grands. Là encore, il s’agit d’un paramètre capital pour les performances de votre serveur.

Maintenant que vous êtes familier avec ces termes, vous pouvez faire un choix assez éclairé. Dans cet article, je vous parlerai de trois hébergeurs. Bien entendu, vous êtes tout-à-fait libre de regarder ailleurs, et de commander un VPS chez un autre hébergeur, ça ne changera pas grandement la procédure, vous devriez donc pouvoir continuer à suivre ce tutoriel sans problème. Si vous hésitez entre plusieurs offres pour l’hébergement d’un serveur Minecraft, nous vous recommandons le site CanIHostAMinecraftServer, dans lequel vous pourrez entrer les paramètres de votre serveur, et savoir ce que vous pourrez entendre. Notez cependant qu’il est tout-à-fait possible de dépasser les estimations fournies par le site.


Les hébergeurs

Pulseheberg

Commençons par traiter Pulseheberg, premier hébergeur retenu, que j’utilise personnellement. Leurs offres sont assez diversifiées, et peu coûteuses. Nous retiendrons, pour cet articles, leurs offres “VPS Linux“, qui correspondront probablement à vos besoins. Le principal défaut de leur offre étant l’absence de SSD, le stockage étant assuré par un SSHD. Les premiers prix sont de 3€/mois. À la différence des autres hébergeurs, les prix sont exprimés TTC (Toutes Taxes Comprises), par conséquent, il s’agit du prix final que vous paierez après la commande. Ces machines sont donc parfaites pour héberger un serveur web à petit prix, ou bien un serveur mail. Vous pouvez également y héberger un serveur de jeu. Toutefois, vous devriez éviter de vous attendre aux mêmes performances que celles permises avec un SSD.


VPSz

VPSz est un bon hébergeur de VPS, malgré leurs tarifs, plus élevés que ceux des offres Pulseheberg. Ici, nous parlerons des offres SSD, les offres Game étant assez coûteuses, mais intéressantes pour des gros serveurs de jeu ayant besoin de beaucoup de ressources au niveau du processeur. Les offres de VPSz se montrent donc assez adaptées aux besoins de serveurs de jeu de différentes tailles, sans être très onéreuses. Il s’agit donc d’un bon compromis pour les utilisateurs cherchant des serveurs de bonne qualité sans se ruiner. Le principal défaut de leur offre étant l’absence, pour le moment, de prise en charge immédiate de Debian 9.


Ni-Host

Ni-Host est le troisième hébergeur que nous aborderons. Nous ne traiterons ici que la gamme SSD, la gamme HDD proposant également moins de RAM, et ne correspondant donc qu’à des usages assez ciblés. Leurs prix sont similaires à ceux pratiqués par VPSz (notons qu’ici, ils sont affichés toutes taxes comprises, comme chez Pulseheberg). En outre, ils sont très fiables et offrent de très bonnes performances. C’est donc un hébergeur vers lequel je vous conseille de vous tourner pour faire un bon serveur de jeu peu onéreux.


Configuration préliminaire du VPS

Lorsque vous commandez votre VPS, plusieurs informations peuvent vous être demandées, permettant la configuration basique. Je vais donc vous expliquer, avant de passer à la suite, ce que vous devez indiquer.

  • Le nom d’hôte, ou hostname : Le nom d’hôte correspond au nom du serveur, exactement comme celui que vous donnez à votre ordinateur pour le reconnaître sur le réseau. Je vous conseille de bien le choisir, car, si vous utilisez un PC sous Linux, ou plusieurs VPS, il peut arriver de se tromper de machine, et d’exécuter des commandes sur le mauvais VPS, ce qui pourrait avoir de mauvaises conséquences.
  • Name servers ou NS : Ces deux informations sont, dans les faits, inutiles, je vous suggère donc d’y mettre ce que vous souhaitez (tel que votre pseudonyme, ou ns1, puis ns2), cela n’aura aucun impact sur l’utilisation du VPS. Notez que ces informations sont spécifiques à certains hébergeurs. Par conséquent, il est possible qu’elles ne vous soient pas demandées partout, notamment chez Ni-host ou OVH.
  • Mot de passe Root : Le mot de passe qui vous est demandé est celui du compte Root, compte qui, sur Linux, a tous les pouvoirs, comme celui de créer de nouveaux utilisateurs, d’installer des programmes ou de modifier des fichiers système. C’est ce compte que nous utiliserons pour nous connecter, tout au long de ce tutoriel. Compte-tenu de la puissance de ce compte, je vous suggère d’entrer un mot de passe qui ne puisse être trouvé par le premier venu, mais aussi un mot de passe dont vous pourrez vous souvenir, puisque tous les hébergeurs ne proposent pas forcément de le changer ensuite, nécessitant d’avoir le mot de passe pour le changer.
  • Operating System, Système d’exploitation ou OS : Pour cette information, choisissez Debian 9. Si plusieurs versions de Debian 9 sont proposées, choisissez “Debian 9 Minimal”, et vérifiez qu’il s’agit d’un système 64 bits (parfois noté x86_64). Si celui-ci n’est pas du tout disponible, nous vous invitons à choisir Debian 8 Minimal, selon les mêmes conseils.

Une fois votre VPS commandé, votre demande devrait être traitée, et au bout de quelques minutes à quelques heures, votre VPS sera prêt à l’utilisation. Vous recevrez également un mail, qui mentionnera plusieurs informations, notamment l’URL du Control Panel de votre VPS, et les identifiants pour y accéder. Celui-ci est très important, puisqu’il permet d’avoir de nombreuses informations sur le VPS dont on dispose, telles que les performances utilisées (normalement basses, si vous venez de commander votre VPS).

Les trois hébergeurs dont je vous ai parlé proposent le même panneau de contrôle, toutefois, ce n’est pas le cas de tous les hébergeurs.

configurerLe Control Panel sur lequel vous vous êtes connecté devrait ressembler à ceci.

Comme vous pouvez le voir, plusieurs options sont disponibles. Celles-ci étant suffisamment explicites, je ne pense pas utile de développer davantage. Notez également que, dans la partie inférieure de la page, il vous sera possible, en naviguant dans les onglets, de modifier le nom d’hôte et le mot de passe root. En outre, si vous vous êtes trompé de système d’exploitation, je vous invite à réinstaller le serveur, ce qui permettra de choisir un autre système. Maintenant que vous avez pris possession de la machine, il est grand temps de commencer les réjouissances, en commençant à se connecter au VPS en SSH.

dividerConfigurer le VPS avec le terminal

La configuration préliminaire étant finie, il est grand temps de commencer les choses sérieuses, et de taper vos premières commandes sur Linux ! Mais, avant toute chose, il convient d’abord de se connecter en SSH à la machine, pour y exécuter des commandes.

Se connecter en SSH

La manière simple : Linux et Mac OS X

Si vous avez l’un de ces deux systèmes d’exploitation, par chance, tout est natif. C’est-à-dire que vous n’aurez pas besoin de télécharger de programme tiers pour vous connecter en SSH. La procédure est très simple. Il vous suffit d’ouvrir un Terminal, et de taper la commande suivante :

ssh [email protected]<votreIP>

La commande permet de se connecter au serveur présent à l’adresse IP que vous saisissez, en se connectant avec l’utilisateur root, dont nous avions déjà parlé plus haut. Il s’agit du compte “administrateur” de votre serveur. Une fois cette commande tapée, le terminal vous demandera s’il peut faire confiance à ce serveur. Puisqu’il s’agit de votre VPS, c’est évidemment le cas, je vous invite donc à saisir “yes“. Ensuite, un mot de passe vous sera demandé : celui de l’utilisateur root, que vous avez choisi au cours de l’installation. Tapez-le et entrez. Si vous n’avez pas fait d’erreur, vous serez connecté à votre serveur, et vous pouvez maintenant exécuter une commande. Je vous invite maintenant à lire la suite du tutoriel, que vous pouvez maintenant suivre.

Le mot de passe ne s’affiche pas lorsque vous le tapez. C’est parfaitement normal, votre saisie est tout-de-même enregistrée.

Pour aller plus loin : Se connecter plus simplement à son VPS (Linux uniquement)

Si vous utilisez Linux, il existe un moyen simplifiant la commande de connexion, puisqu’il suffira, dorénavant, de taper la commande suivante :

ssh nomDuServeur

Pour ce faire, il suffit de modifier (ou de créer) le fichier de configuration SSH, sur votre ordinateur. Le fichier est présent à l’emplacement suivant :

~/.ssh/config

Une fois ouvert, ajoutez le code suivant au fichier en question :

Host <nomDuServeur (choisissez ce que vous voulez)>
  HostName <votreIP>
  Port 22
  User root

Une fois le fichier enregistré, vous pourrez vous connecter en utilisant le nom spécifié, simplifiant grandement la commande, et faisant gagner un temps précieux.

configurerUn aperçu d’un terminal quelconque


Quand c’est un peu plus compliqué : Windows

À la différence de Linux et de Mac OS X, Windows n’embarque pas de client SSH intégré. Par conséquent, il est nécessaire de télécharger un programme tiers, qui aura pour fonction de permettre la connexion à votre serveur, via SSH. De nombreux logiciels existent, mais je vous parlerais ici de PuTTY, client SSH pour Windows le plus utilisé.

PuTTY

Lorsque vous lancez le programme, une interface apparaît. Sur la gauche, vous pouvez configurer de nombreux paramètres, mais nous ne nous en occuperons pas, ce n’est pas utile. Le premier cadre est le plus important, puisque c’est lui qui va nous permettre d’indiquer le serveur auquel se connecter. Dans le champ de texte “Host Name (or IP address)“, indiquez votre adresse IP. Assurez-vous que le port soit bien défini à 22, et que la connexion soit bien une connexion SSH, comme sur la capture d’écran ci-dessous.

configurer

Cliquez ensuite sur le bouton “Open”. La fenêtre disparaît, et une boîte d’avertissement la remplace, puisque PuTTY ne connaît pas le VPS auquel vous essayez de vous connecter. Cliquez sur “oui”, puis un terminal apparaît. Celui-ci vous demande, dans un premier temps, le nom d’utilisateur. Vous devez indiquer “root” (veillez bien à ne pas mettre de majuscule, car, sur Linux, “root” est différent de “Root” et de “rooT”, on dit que c’est sensible à la casse). Par la suite, un mot de passe est demandé. Vous devez indiquer le mot de passe root, que vous avez défini durant la configuration préliminaire (là-encore, attention à la casse).

Lors de la saisie du mot de passe, rien ne s’affiche. C’est parfaitement normal, et votre saisie est tout-de-même enregistrée.

Si les informations spécifiées sont correctes, vous serez connecté au serveur, et vous pourrez taper des commandes. Vous pouvez maintenant passer à la suite du tutoriel, et commencer à rentrer dans le vif du sujet.

Si vous souhaitez enregistrer votre serveur, pour pouvoir vous y connecter, sans taper l’IP à chaque fois, il vous suffit, après avoir défini les paramètres dans l’encadré du haut, de spécifier un nom dans le champ texte “Saved Sessions“. Ensuite, cliquez sur “Save“, et le VPS apparaîtra dans la liste en-dessous. Pour s’y connecter, il suffit ensuite de double-cliquer sur son nom.

Notez aussi que, si vous vous connectez toujours avec l’utilisateur root, il est possible de ne pas taper le nom d’utilisateur à chaque fois. Pour ce faire, lorsque vous sauvegardez les paramètres de votre VPS dans PuTTY, il suffit de mettre, avant l’adresse IP, “[email protected]“, ce qui indiquera à PuTTY de se connecter directement avec l’utilisateur mentionné (root, en l’occurrence), vous faisant gagner de précieuses secondes.

dividerNos premières commandes sur notre VPS

Je suis sûr que vous mourrez d’envie de commencer à utiliser pour de bon votre VPS, et c’est maintenant que les choses deviennent intéressantes. En effet, vous vous apprêtez à rentrer vos premières commandes dans votre serveur. Pour ce faire, ouvrez une session en SSH, comme nous venons d’apprendre à le faire, et connectez-vous sur l’utilisateur root. Une fois ceci fait, vous allez taper ces trois commandes :

echo 'deb http://deb.debian.org/debian stretch main contrib non-free

deb http://deb.debian.org/debian stretch-updates main contrib non-free

deb http://security.debian.org/ stretch/updates main contrib non-free' > /etc/apt/sources.list

Ces commandes permettront à votre serveur d’installer des programmes, puisqu’elles lui indiqueront où les télécharger.

Pour aller plus loin : Explications détaillées

En réalité, ces trois commandes ne sont qu’une seule. Cette commande demande donc à votre serveur d’inscrire trois lignes dans le fichier situé à l’emplacement “/etc/apt/sources.list“. Ce fichier sert, comme son nom l’indique, à lister les sources, d’où votre serveur pourra installer des programmes. En effet, l’installation de programmes est assez particulière, et son principe pourrait être assimilé à celui d’un store d’applications, comme celui que vous avez sur votre smartphone. Ces dépôts offrent donc une multiplicité de programmes, régulièrement mis-à-jour. Depuis ces dépôts, l’installation de programmes est très facile, puisqu’il suffit de taper une commande, pour que le serveur aille chercher le programme et tout ce dont il a besoin pour l’installer. Nous pouvons également analyser les lignes saisies plus en détail. Elles ont toutes trois une construction similaire. On retrouve, d’abord, le mot-clé “deb“, qui signifie que le dépôt contient des programmes prêts à l’emploi, et non des codes-source que nous devrions nous-même compiler. Ensuite, on retrouve une URL, qui est, vous l’aurez compris, l’adresse du dépôt. Ensuite, on retrouve trois mots-clé : maincontrib et non-free. Chaque mot-clé correspond à une famille de paquets (les paquets étant, globalement, le nom que l’on peut donner aux programmes, sous Debian). Voici leur signification :

  • main : Les paquets “main” sont les paquets entièrement libres, conçus à base d’outils libres. Il s’agit d’un type de paquets utilisé presque systématiquement. En outre, certains puristes considèrent qu’il devrait être le seul dépôt disponible, et n’activent que celui-ci. Ce n’est pas notre cas, puisque nous souhaitons bénéficier d’un maximum d’outils.
  • contrib : Les paquets “contrib” sont des paquets nécessitant d’autres éléments non-libres, ou utilisant des technologies qui ne le sont pas, mais qui, eux-mêmes, sont libres.
  • non-free : La catégorie “non-free” regroupe des paquets qui ne sont pas libres, mais dont la distribution est possible librement. Certains estiment que ce dépôt nuit au principe du logiciel libre.

L’usage de ces trois dépôts nous permettra donc d’obtenir un maximum de paquets, ce qui permettra un usage plus simple, et plus accessible aux néophytes. Notez cependant que ces commandes sont facultatives, et que vous pouvez tout de même utiliser votre VPS sans les avoir tapées. Toutefois, cela nous permet de nous assurer de la bonne configuration du VPS. En outre, les paquets contrib et non-free ne sont pas inclus par défaut, et cela permet la mise à jour des VPS sous Debian 8 vers Debian 9.

Par la suite, nous allons taper deux commandes, qui auront pour effet de permettre la mise à jour de la liste des programmes disponibles, puis de mettre à jour les programmes installés par défaut, si une mise à jour est disponible.

apt update

apt full-upgrade -y

Une fois ces deux commandes tapées, vous pourrez vous servir de votre VPS, qui sera à jour, et pourra installer des programmes.

Pour aller plus loin : Explications détaillées

La première commande, “apt update“, permet de mettre à jour la liste des paquets disponibles, en utilisant le fichier /etc/apt/sources.list, que nous venons de modifier. Cela applique, en quelque sorte, les modifications, et permet d’obtenir les paquets les plus récents. De manière générale, cette commande doit être tapée avant chaque session d’installation de paquets, sans quoi vous risquez d’installe des paquets obsolètes.

La seconde commande, “apt full-upgrade -y“, permet de mettre à jour tous les paquets installés pour lesquels une mise à jour est disponible. Le flag “-y” permet d’outrepasser la confirmation, et d’effectuer la mise à jour sans devoir donner notre accord à nouveau, ce qui fait gagner du temps lors d’une première installation. Il existe une commande aux effets similaires, qui est “apt upgrade“, la seule différence étant que full-upgrade installera de nouveaux paquets, si nécessaire, alors qu’upgrade se limitera à la mise à jour des paquets existants. Notez également que cette deuxième commande est très importante si votre VPS était nativement doté de Debian 8, puisqu’elle permet de le mettre à jour vers Debian 9 directement.

Si vous désirez installer un programme, la commande à taper est “apt install <nom du paquet>“. Pensez bien à mettre à jour la liste des paquets avant d’installer le programme.

Notez que, en particulier si vous avez choisi Debian 8 au cours de l’installation, il est recommandé de redémarrer le système, avec la commande “reboot“. Ceci aura pour effet de vous déconnecter du serveur, auquel vous pourrez vous reconnecter quelques secondes plus tard, lorsqu’il aura fini de redémarrer.


Mettre son serveur en français

Même si votre serveur est hébergé en France, par un hébergeur français, il y a de fortes chances pour que celui-ci parle anglais, ce qui n’est pas gênant si vous y êtes habitué, mais il peut, pour de nombreuses raisons, être préférable de configurer votre serveur en français. Pour ce faire, connectez-vous, si ce n’est déjà fait, en SSH, toujours avec l’utilisateur root. Pour changer la langue de votre serveur, il suffira d’une commande, que voici :

dpkg-reconfigure locales

Cependant, surprise ! À la différence des autres commandes, celle-ci a pour effet d’ouvrir un menu. On remarque qu’il s’agit d’une liste de cases à cocher.

configurerQuelle est cette diablerie ?!

Vous pouvez naviguer avec le clavier les touches directionnelles haut et bas permettant de naviguer parmi les cases à cocher, les touches directionnelles gauche et droite permettant de naviguer entre les deux boutons. Pour cocher une case, il suffit d’appuyer sur la touche espace lorsque le curseur est sur la case, de même pour la décocher. Évitez de cocher la première case, cela serait lourd et inutile. Afin d’aller plus vite, appuyez directement sur la touche “F”, ce qui aura pour effet de vous diriger directement vers les localisations françaises, mais il n’y en a pas qu’une seule. Devant la multiplicité des choix possibles, je vous invite à cocher toutes les cases s’appliquant à la variante qui vous est adaptée. Ainsi, si vous êtes Belge, cochez toutes les cases commençant par “fr_BE“, si vous êtes Canadien, cochez toutes les cases commençant par “fr_BE“, si vous êtes Suisse, cochez toutes les cases commençant par “fr_CH” si vous êtes Français, cochez toutes les cases commençant par “fr_FR“, et si vous êtes luxembourgeois, cochez toutes les cases commençant par “fr_LU“. Une fois toutes les cases cochées, assurez-vous que le second curseur est bien positionné sur la touche “Accepter“, et appuyez sur la touche Entrée. Une fenêtre d’information apparaîtra ensuite, vous expliquant les conséquences de ce que vous vous apprêtez à faire. Toutefois, dans la mesure où votre serveur ne devrait pas être géré par d’autres personnes ne parlant pas français, vous pouvez poursuivre, en appuyant, encore une fois, sur la touche Entrée.

configurerComme un air de déjà-vu…

Maintenant, vous arrivez face à un dernier menu, vous demandant de choisir la langue par défaut du système. La navigation est la même que dans la liste déroulante. Placez donc votre curseur sur le choix “fr_<votre région>.UTF-8“, et appuyez sur la touche Entrée. Si le choix en question n’est pas disponible, annulez et recommencez, puisque vous avez, manifestement, oublié de cocher une case. Une fois que vous avez validé, votre serveur générera les différentes langues. Cela peut prendre quelques secondes. Une fois la procédure finie, vous retrouvez le contrôle de votre console. Vous pouvez maintenant redémarrer une nouvelle fois votre VPS, afin d’appliquer les changement (en utilisant la commande “reboot“).

Pour aller plus loin : Explications détaillées

Ici, nous utilisons dpkg, qui est le gestionnaire de paquets de Debian. Il s’agit donc du programme qui se charge d’installer un paquet déjà téléchargé (par apt, par exemple, mais aussi par une méthode plus “classique”, depuis Internet). On peut aussi s’en servir pour reconfigurer un paquet déjà installé, avec la commande dpkg-reconfigure, qui a pour effet de reconfigurer le paquet sélectionné. Ici, nous reconfigurons le paquet qui gère les langues. Cette commande peut être très utile en cas d’erreur dans la configuration d’un paquet, lors de son installation.


Mettre son serveur à l’heure

Il est fréquent qu’un serveur, de façon similaire à la langue, soit configuré “À l’Américaine”, par conséquent, l’heure est très probablement erronée. Pour vous en assurer, tapez la commande suivante :

date

À la suite de cette commande s’affiche l’heure et la date de votre serveur. Si tout est correct, vous pouvez passer à la suite, cette partie ne vous concerne pas. En revanche, si les informations sont fausses, une manipulation sera nécessaire, afin de définir le bon fuseau horaire. Il faut donc taper la commande suivante :

dpkg-reconfigure tzdata

De la même façon que lorsque nous configurions la langue, un menu apparaît. Il vous demande de choisir votre zone géographique, qui sera, bien entendu, l’Europe, puis la ville de référence, qui sera, globalement, la capitale de votre Pays. De la même façon que pour changer la langue, vous pouvez naviguer parmi les différents choix avec les touches directionnelles haut et bas, et valider votre choix avec la touche Entrée, une fois le curseur placé dessus.

De la même manière que lorsque nous configurions la langue, il est possible de se déplacer rapidement dans la liste, en tapant la première lettre du nom de la ville en question. Ainsi, si vous habitez en France, appuyer sur la lettre “P” vous rapprochera beaucoup.

dividerTransférer des fichiers sur son serveur via SFTP

Maintenant que vous savez vous connecter en SSH, et que votre VPS est complètement configuré, nous allons voir comment transférer des fichiers depuis votre ordinateur vers votre serveur, et inversement. À la différence du SSH, quel que soit votre système d’exploitation, vous devez télécharger un client FTP. Il en existe beaucoup, mais nous étudierons Filezilla, qui a pour avantage d’être gratuit, très utilisé, et compatible avec tous les systèmes d’exploitation.

Télécharger Filezilla

Si vous utilisez un PC avec Linux, je vous recommande plutôt d’installer directement le paquet “filezilla”, disponible sur la majorité des distributions.

Une fois le logiciel téléchargé et installé, nous allons apprendre à le configurer pour se connecter à notre serveur.

configurerL’interface barbare de Filezilla n’aura bientôt plus aucun secret pour vous !

Avant toute chose, il faut enregistrer notre serveur, pour que Filezilla puisse s’y connecter. Nous allons donc cliquer sur l’icône des sites, en haut, à gauche :configurer

Une nouvelle fenêtre s’affiche. Un volet liste vos sites. Cette liste sera probablement vide, si vous venez d’installer le logiciel.

configurer

Nous allons donc ajouter un site : votre serveur ! Pour ce faire, vous l’aurez compris, il suffit de cliquer sur “Nouveau Site”. Un nouvel élément apparaîtra donc dans la liste, vous pourrez donc lui donner un nom (“VPS”, par exemple), puis appuyer sur “Entrée“, pour valider votre saise. Vous pourrez maintenant configurer les paramètres de votre VPS. Veillez à ce qu’il soit configuré comme sur la capture d’écran suivante, notamment au niveau du protocole, qui doit être SFTP :

Si vous n’êtes pas seul(e) à utiliser votre ordinateur, je vous recommande de mettre le type d’authentification à “demander le mot de passe”, ainsi, le mot de passe sera demandé à chaque tentative de connexion.

Une fois les informations de votre VPS saisies, cliquez sur “Valider”, si vous prévoyez de vous y connecter plus tard, ou sur “Connexion”, si vous voulez vous connecter dès maintenant.

Comme avec votre client SSH, il est possible que Filezilla vous demande si vous faites confiance au serveur la première fois. Cliquez à nouveau sur “Oui”.

Une fois connecté, vous êtes libre de naviguer dans l’arborescence du VPS, en transférant des fichiers comme vous le souhaitez. Vous avez maintenant toutes les clés en main pour utiliser votre VPS comme bon vous semble. Vous pouvez maintenant y installer un serveur Minecraft, ou un serveur vocal, par exemple. Si vous souhaitez davantage d’informations sur les commandes, je vous recommande cette page, qui vous permettra de vous familiariser avec les commandes de base de Debian. Si vous n’avez pas compris un point de l’article, n’hésitez pas à me le signaler dans les commentaires, pour que je puisse rendre l’article le plus clair possible.

Merci à Angristan, Sylfaen et SpookyPowa pour leur aide à la rédaction de cet article.

Image de Une réalisée par GreenLenux.

A propos de Dracoctix

Salut à tous, alors, vous allez bien? Moi c'est Draco, rédacteur pour MC-FR ! Vous pouvez venir sur le forum et le flooda (n'hésitez pas à me poser des questions) vous pouvez également me suivre sur twitter ;)

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10 Commentaires sur "Choisir, configurer et installer un VPS"

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Sylfaen
Membre

@the_phoenix1 Un exemple de quoi ? Quelle(s) est(sont) ta(tes) difficulté(s) ?

The_Phoenix1
Invité

Merci mais tu peux mettre un exemple :) Je comprend pas très bien!

Sylfaen
Membre

Apak Oui aussi, mais je préfère utiliser iTerm, ne me demande pas pourquoi, je ne saurais te dire :p

Apak
Membre

Salut Sylfaen, pourquoi ne pas passer par Terminal, inclut sous OS X qui est très bien déjà pour du SSH.

Sylfaen
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@The_Phoenix1 Tous les noms de domaine ont au moins deux serveurs de noms de lieu, généralement désignés par un préfixe NS. Le nom d’hôte est le nom attribué au VPS.

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