dimanche , 19 novembre 2017
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Assiégés - forêt

[Texte RP] Assiégés [Chapitre 3]

[Texte RP] Assiégés [Chapitre 3]
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Assiégés

Chapitre 3 : Et déjà ce fut la chute

 

De grandes arcades. C’est le manoir, je le reconnais mais non c’est toi qui vas nous sauver ! La forêt noire a ses ailes sur nous ; et il lui

   elle est là  

     en toi je vois le sauveur

     il est là le mal il est arrivé Seul les maudits peuvent vous sauver de l’enfer

                Toi

 

Mes draps sont humides. Sueur. Aujourd’hui sera un jour terrible. Toute ma conscience est encore assiégée des cauchemars multiples qui m’arrivent. Le grand Vagabond a vu ces rêves en moi. Il sait pour ces voix étranges par delà mes nuits. Pourquoi cela et pourquoi maintenant ? Où est ma sérénité, ma joie de vivre, il n’y a plus rien. Les jours ont brisé le rythme paresseux de ma vie. Le sablier du temps s’est fissuré, évidant son sable par flopées énormes. Je m’étouffe de trop d’époques en cascade.

Les couches temporelles se mélangent, une à une. De mes rêves naissent une figure blonde, très jeune, comme celle du Vagabond. J’erre parfois même dans une maison qui m’est inconnue et pourtant si familière.

Dans cette demeure qui me semble avoir été l’épicentre de mon bonheur et de ma frustration, je marche. Chaque nuit. Il me faut comprendre. Ou je n’y survivrai pas. Je me redresse, nu. Par delà le vitrail sale, l’agitation de la ville se fait sentir. Je ne descends pas ouvrir mon échoppe, les villageois attendront. Je sens un portail en moi s’ouvrir, une immensité me gagner, un sentiment de découverte inexplicable. Comme les premiers découvreurs de l’End, ceux qui abattirent le dragon de jais.

Je plaque mon front brûlant contre le carreau glacé. Je bous. Il ne me reste que si peu de temps. Mais pourquoi ? Je suis jeune, ou presque, et, il y a encore quelques semaines j’étais serein, heureux.

Comprends, je m’intime ce mot. Je ne mangerai pas tant que je n’aurai pas saisi l’essence de mes songes. Ce ne sont pas des folies née d’un esprit torturé j’en suis sur. La maison du passé est réelle, la figure blonde tout autant. C’est une vision envoyée de l’au-delà pour moi. Mais suis je fou ! Ma barbe est rêche, se torsade sur mes premières rides, touffes de poils blancs. Je pue. Je suis si fragile sans mes vêtements honorables. Et, qui suis-je, enfin, pour avoir la prétention de délier les rêves ?

Mais il le faut. Alors, je prend de ce narcotique puissant que le maître invocateur me donne parfois. Et je plonge. Dans une mer noire et dure. Sous l’eau, je trouverai.

La rue est sublime. Elle est grise. Très étrange. Un édifice tout de pierre et d’ardoise. Très petit, assez harmonieux. Le portail est d’acier, complété d’un osier étrange. Les vitraux qui bordent la cour sont purs, grands et translucides. Dans ce temple inconnu, des salles immaculées. Puis, après avoir pris un petit escalier de bois, c’est la chambre. Le lit froissé. Les murs sales, décorés hâtivement. Toute une intimité qui m’est inconnue. Sur le mur, une fresque déroule son chant. Un visage d’enfant. Blond. Tout autour, des arbres obstruent le jour. Au loin, la courbe vague d’une cité perdue. Une main puissante m’enserre soudain. Quelqu’un me soulève, je ne crie pas. Je ne crierai pas, je veux savoir. Je ne peux voir son visage, et la forme me plaque au sol. Alors j’entends la voix : “Toi, sauve moi, pitié. Cours ou cache toi. Sauve nous, épargne nous de sa colère. Vainc le. Vois le”

Une clé de bras et je me tortille tel un lézard. La forme chute, elle semble humaine, et son odeur, sa poigne me semblent familières. Mais à la place de sa tête il n’y a rien d’autre qu’une image peinte. Celle encore de cet enfant blond qui me semble lui aussi familier. Il parle, avec la voix d’un homme. Il a le corps d’un homme, la force d’un homme. Ce n’est pas lui, ce n’est qu’une image trompeuse.

 Je laboure la fresque de mes ongles. La peinture s’écaille, et le sang vient. J’arrache les pigments mensongers et toute la véritable essence du visage avec. Je griffe et je déchire, ne laissant qu’une bouillie sanglante. Je veux cette vérité sous la fresque fausse. La chair est si molle, la forme si faible. Plus de peintures, plus de mouvements. Elle est morte. Le grand corps svelte gît à mes pieds.

Dans une cathédrale de douleur la brume de mon évanouissement tend à s’écarter. Une effluve d’alcool me vient. Et de tous les pores de la maison une voix différente lutte contre les mugissements de la première. Par delà les bruits qui me sont familier émergent quelques brises de sens : “Grand échevin … Ton enfance … Vis vis vis, sauve moi… Lui, toi, le Vagabond… Le palais, ton échappatoire, ta révélation … Et

Un homme me frappe : “Et ! Monsieur le libraire, c’est bien vous ? Bah je dois vous dire ca fait une demi-heure vous marchez de façon bizarre, mais les clairvoyants, vous savez ceux qui sont au service de l’aut, le grand Vagabond… Bah les clairvoyants z’ont dit de vous laisser.” Je ne réponds pas. Son haleine d’homme saoul me révulse. Il empeste la décadence du corps et de l’esprit. La lumière de cette après-midi miroite, me rassure quelque peu.

Mais, mais… Je suis devant le palais du grand échevin. La porte est ouverte, un Clairvoyants me sourit : “Lord Auguste vous a conduit”. J’entre. L’agitation de la rue me semble lointaine, n’aurais je pas bondi d’un songe à l’autre. Tant cette trame est halluciné cette lumière irréelle…

Je marche vers ma propre chute. Tout le palais est vidé. Et la salle du conseil brille dans mon esprit. Si calme est ce lieu. Seuls mes pas claquent et se répercutent entre les couloirs. Enfin là voilà. Un garde me laisse entrer.

Vide. Seuls Le vagabond et le grand échevin, qui conversent paisiblement. Ce dernier : “Robb… Vous avez l’air fiévreux, ça va ?

“Grand échevin… Je dois vous parler de toute urgence, quelque chose ne vas pas….”

Lord Auguste : “Vous permettez ?” Nous le regardons se lever. Il se dresse de toute sa prestance, passe sa large main en sa chevelure claire. Le soleil la fait miroiter et je suis absorbé par le jeu de main qui s’y déroule. De l’autre il enfonce une longue dague dans le corps mou du grand échevin. Il tombe. Le sang coule dans la lumière opulente.

Et le fou bienheureux me regarde. Il me sourit et dit : “Il le fallait”

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