Guide Minecraft
Vous souhaitez créer un serveur Minecraft avec des plugins pour jouer avec des amis, protéger vos constructions ou ajouter des commandes ? Le nom Bukkit revient souvent, mais les méthodes d’installation historiques ne sont plus adaptées aux versions récentes du jeu. Aujourd’hui, Paper est généralement le choix le plus simple pour lancer un serveur compatible avec une grande partie de l’écosystème Bukkit et Spigot.
Nous allons installer un serveur Java Edition de zéro, le démarrer, configurer les accès puis ajouter un premier plugin. Une autre méthode permet de compiler CraftBukkit ou Spigot si vous avez spécifiquement besoin de ces logiciels.
Table des matières
- Bukkit, CraftBukkit, Spigot ou Paper : lequel choisir ?
- Installer un serveur Minecraft avec Paper
- Configurer le serveur et ses commandes
- Ajouter des plugins Bukkit et Paper
- Permettre à ses amis de se connecter
- Installer CraftBukkit ou Spigot avec BuildTools
- Résoudre les erreurs courantes et protéger le monde
Bukkit, CraftBukkit, Spigot ou Paper : lequel choisir ?
Bukkit désigne avant tout un écosystème de plugins et une interface de programmation : les noms qui en découlent correspondent à différents logiciels serveur. Ce sont tous des solutions destinées à Minecraft Java Edition, pas aux serveurs Bedrock natifs.
- Bukkit API : l’interface que de nombreux développeurs utilisent pour programmer des fonctionnalités serveur, comme les protections, les commandes ou les systèmes de permissions.
- CraftBukkit : une implémentation serveur permettant d’exécuter des plugins Bukkit. Pour obtenir un exécutable actuel, on passe notamment par BuildTools.
- Spigot : un serveur basé sur CraftBukkit avec ses propres ajustements et configurations. Il se compile également avec BuildTools.
- Paper : un serveur dérivé de Spigot, avec des optimisations, des corrections et des fonctionnalités supplémentaires. Une grande partie des plugins Bukkit/Spigot y fonctionnent, mais la compatibilité d’un plugin donné doit toujours être vérifiée.
Pour une première installation, nous utiliserons Paper : il fournit directement un fichier serveur .jar, sans compilation préalable. Si vous avez besoin de CraftBukkit ou de Spigot précisément, vous trouverez la procédure BuildTools plus bas. Si vous voulez un serveur sans plugins, notre guide du serveur Minecraft Java classique est plus adapté.
Installer un serveur Minecraft avec Paper
Étape 1 : installer la bonne version de Java
Le serveur fonctionne avec Java, indépendamment de la version de Java éventuellement utilisée par le launcher Minecraft. Ouvrez l’invite de commandes de Windows, PowerShell ou un terminal macOS/Linux, puis vérifiez la version installée :
java -version
La version Java requise dépend de la version de Minecraft utilisée par le serveur. D’après la documentation actuelle de Paper, les versions 1.20 à 1.21.11 utilisent Java 21, tandis que les versions 26.1 et suivantes nécessitent Java 25. Pour une version plus ancienne, consultez le tableau de compatibilité officiel au lieu d’installer la version la plus récente au hasard. Vous pouvez retrouver les procédures d’installation sur la documentation Java de Paper.
Si la commande renvoie que java n’est pas reconnu, installez un JDK adapté et vérifiez que son chemin est disponible dans la variable d’environnement PATH.
Étape 2 : télécharger Paper dans un dossier dédié
- Créez un dossier séparé, par exemple
Serveur-Minecraft, dans lequel seront conservés le monde, les plugins et les fichiers de configuration. - Rendez-vous sur la page officielle de téléchargement de Paper et choisissez la version de Minecraft souhaitée. Privilégiez une version stable proposée par le projet, plutôt qu’une version expérimentale destinée aux essais.
- Téléchargez le fichier
.jardu serveur et placez-le dans votre dossier. - Pour simplifier les commandes ci-dessous, renommez ce fichier en
paper.jar(sans créer par erreur un fichierpaper.jar.jar).
N’utilisez pas les anciens fichiers craftbukkit-0.0.1-SNAPSHOT.jar ou les scripts Java 6 que l’on trouve encore dans de vieux tutoriels : ils correspondent aux débuts de Bukkit et ne conviennent plus à une installation actuelle.
Étape 3 : créer le fichier de démarrage
Pour un premier serveur de quelques joueurs, vous pouvez commencer avec une limite de mémoire de 2 Go, si votre ordinateur dispose de suffisamment de RAM. Cette valeur est un point de départ, pas une garantie de performance : un monde lourd ou de nombreux plugins demanderont davantage de ressources.
Sur Windows : créez un fichier texte dans le même dossier que paper.jar, collez ce contenu et enregistrez-le sous demarrer.bat en choisissant « Tous les fichiers » comme type :
@echo off
java -Xms1G -Xmx2G -jar paper.jar --nogui
pause
Sur Linux ou macOS : ouvrez un terminal dans le dossier du serveur et lancez :
java -Xms1G -Xmx2G -jar paper.jar --nogui
L’option -Xmx2G fixe le plafond de mémoire Java à 2 Go ; -Xms1G indique la mémoire initiale. --nogui lance le serveur sans interface graphique supplémentaire. Si l’ordinateur est peu puissant, ne lui attribuez pas toute sa RAM : le système d’exploitation doit continuer de fonctionner.
Étape 4 : accepter la licence et lancer le monde
Au premier lancement, le serveur génère notamment un fichier eula.txt, puis peut s’arrêter. Ouvrez ce fichier et, après avoir lu et accepté les conditions d’utilisation de Minecraft, remplacez :
eula=false
par :
eula=true
Enregistrez le fichier et relancez le serveur avec la même commande. Laissez la préparation du monde se terminer ; lorsque la console indique que le démarrage est achevé et attend des commandes, le serveur est prêt. Pour l’arrêter proprement, saisissez stop dans la console : ne fermez pas brutalement la fenêtre pendant une sauvegarde.
Configurer le serveur et ses commandes
Après le premier démarrage, vous trouverez le fichier server.properties dans le dossier du serveur. Arrêtez le serveur avant de le modifier ; il permet de régler les principaux paramètres de la partie. Voici un exemple de configuration pour un petit serveur privé :
motd=Serveur entre amis
max-players=8
gamemode=survival
difficulty=normal
pvp=true
online-mode=true
white-list=true
enforce-whitelist=true
server-ip=
server-port=25565
view-distance=8
simulation-distance=6
Ces lignes sont des exemples à adapter dans le fichier existant, pas un server.properties complet à utiliser en remplacement. Les autres paramètres générés automatiquement doivent rester en place.
motd: texte qui apparaît dans la liste multijoueur. Contrairement à une idée reçue,level-namedésigne le dossier du monde, pas le nom public du serveur.max-players: nombre maximal de joueurs connectés, pas une estimation de ce que l’ordinateur peut supporter.online-mode=true: conserve la vérification officielle des comptes Minecraft. Ne désactivez pas cette protection pour un serveur classique accessible depuis Internet.white-list=trueetenforce-whitelist=true: limitent l’accès aux joueurs autorisés.server-ip=: laissez cette valeur vide dans la plupart des installations. Il ne faut généralement pas y recopier l’IP publique de votre box.server-port=25565: port TCP habituellement utilisé par un serveur Minecraft Java.view-distanceetsimulation-distance: distances de visibilité et de simulation côté serveur. Les réduire peut alléger les calculs, mais peut également modifier les fermes et mécanismes actifs.
La propriété spawn-protection délimite une zone où les joueurs non opérateurs ne peuvent normalement pas construire ou détruire des blocs. Elle n’empêche pas les monstres d’attaquer.
Autoriser les joueurs et gérer les commandes
Dans la console, les commandes s’écrivent sans barre oblique. Dans le chat du jeu, un opérateur utilise au contraire le préfixe /. Pour un serveur entre amis, commencez par autoriser les pseudos avant de les inviter :
whitelist on
whitelist add PseudoDuJoueur
whitelist list
Pour vous accorder temporairement les droits d’administration :
op VotrePseudo
Parmi les commandes utiles figurent list pour voir les joueurs en ligne, save-all pour déclencher une sauvegarde, kick Pseudo pour exclure un joueur connecté et stop pour éteindre proprement le serveur. Évitez de distribuer les droits opérateur à tous les membres : ils donnent accès à des actions sensibles.
Ajouter des plugins Bukkit et Paper
Le principal intérêt de Paper est de pouvoir ajouter des fonctionnalités sans modifier le jeu de chaque joueur : protection de constructions, permissions, journalisation des actions ou outils d’administration. Les plugins serveur ne sont pas interchangeables avec les mods Fabric ou Forge.
- Cherchez un plugin sur Hangar, la plateforme de Paper, ou sur la page officielle de son créateur. Vérifiez la version de Minecraft et la compatibilité avec Paper.
- Téléchargez le fichier
.jarcorrespondant au plugin. Si vous obtenez une archive.zip, lisez les consignes du créateur pour identifier le bon fichier à utiliser. - Arrêtez le serveur puis placez le
.jardans le dossierplugins, à la racine du serveur. - Redémarrez et vérifiez la liste avec
pluginsdans la console ou/pluginsen jeu. Un nom affiché en rouge ou absent peut signaler un échec de chargement. - Ouvrez
logs/latest.logsi le plugin ne fonctionne pas : ce journal indique souvent une version incompatible, une dépendance manquante ou une erreur de configuration.
N’installez pas les plugins trouvés au hasard. Un plugin peut accéder aux fichiers et aux ressources de la machine qui exécute le serveur. Faites une sauvegarde avant les modifications importantes et évitez d’utiliser des commandes de rechargement global à la place d’un redémarrage propre. Pour aller plus loin, notre tutoriel de création de plugin Spigot aborde une autre étape : le développement.
Permettre à ses amis de se connecter
Depuis le PC hôte ou un autre appareil du même réseau
Sur l’ordinateur qui héberge le serveur, ouvrez Minecraft Java Edition, choisissez la même version que le serveur puis allez dans Multijoueur → Connexion directe. Entrez :
localhost
Sur un autre ordinateur connecté à la même box, utilisez l’adresse IPv4 privée du PC hôte, souvent de la forme 192.168.x.x ou 10.x.x.x. Sous Windows, ouvrez l’invite de commandes sur le PC serveur puis saisissez :
ipconfig

Sur Linux, la commande ip addr permet d’inspecter les interfaces réseau. Ne communiquez pas localhost à un autre joueur : ce nom désigne toujours son propre ordinateur.
Depuis Internet : ouverture du port et précautions
Pour permettre à quelqu’un de rejoindre le serveur depuis une autre connexion, le routeur doit généralement transmettre les connexions entrantes TCP vers le port 25565 à l’adresse IP privée de l’ordinateur serveur. Cette règle se configure sur la box Internet, en plus des autorisations nécessaires dans le pare-feu du PC. Réservez de préférence une adresse locale stable à votre machine dans le DHCP de la box, pour que la redirection ne pointe pas vers un autre appareil après un redémarrage.
Cette manipulation rend le service accessible depuis Internet. Maintenez le serveur et les plugins à jour, conservez online-mode=true et activez une liste blanche pour une partie privée. Évitez d’exposer inutilement d’autres ports, notamment l’administration à distance (RCON). Si vous préférez ne pas ouvrir votre réseau domestique, envisagez un hébergement spécialisé ou une solution privée entre participants.
Si votre fournisseur utilise le CG-NAT, vous pouvez ne pas disposer d’une adresse IPv4 publique accessible : une redirection de port sur la box ne suffira alors pas. Un nom DNS dynamique (par exemple un service de type No-IP) peut suivre les changements de votre adresse publique, mais ne transforme pas votre connexion en IP fixe et ne contourne pas à lui seul le CG-NAT.
Installer CraftBukkit ou Spigot avec BuildTools
Si vous voulez utiliser CraftBukkit ou Spigot plutôt que Paper, la méthode actuelle passe par l’outil officiel BuildTools, qui récupère les sources et composants nécessaires puis prépare le serveur. Il ne faut pas reprendre les anciennes instructions de 2011 ni télécharger des exécutables anonymes.
- Consultez la documentation officielle BuildTools et récupérez l’outil depuis la source indiquée.
- Installez une version de Java compatible avec la version de Minecraft que vous souhaitez compiler. BuildTools peut aussi avoir besoin de Git selon votre système et le mode utilisé.
- Créez un dossier de compilation vide, en dehors d’un répertoire synchronisé par OneDrive ou Dropbox, puis placez-y BuildTools.
- Ouvrez l’interface graphique de BuildTools lorsqu’elle est disponible, choisissez la version souhaitée et lancez la compilation. En ligne de commande, la documentation prévoit également le lancement de
java -jar BuildTools.jardepuis le bon dossier. - Une fois la compilation terminée, récupérez le fichier
.jarserveur obtenu, placez-le dans votre dossier de serveur et utilisez la même méthode de démarrage qu’avec Paper, en remplaçantpaper.jarpar son nom exact.
BuildTools sert à construire le programme serveur. Il ne crée pas automatiquement votre réseau multijoueur, ne configure pas la box et ne remplace pas les étapes de licence, d’installation des plugins ou de sauvegarde. Son interface et les prérequis peuvent évoluer : suivez la documentation du projet en cas d’écart avec les captures anciennes.
Résoudre les erreurs courantes et protéger le monde
Le serveur refuse de démarrer
UnsupportedClassVersionError: la version de Java est trop ancienne pour le serveur ou un plugin. Contrôlezjava -versionet les prérequis du logiciel.Unable to access jarfile: la commande pointe vers un nom de fichier erroné, ou le terminal n’est pas ouvert dans le bon dossier. Vérifiez le nom réel et l’extension.jar.- Erreur liée au fichier
eula.txt: relisez les conditions et confirmez votre acceptation dans le fichier généré. Failed to bind to port: un autre serveur utilise peut-être déjà le port, ouserver-ipa été mal renseigné. Commencez par laisser ce champ vide.- Un plugin ne se charge pas : consultez
logs/latest.log, puis vérifiez la version Minecraft et les dépendances du plugin.
Impossible de rejoindre le serveur
Vérifiez d’abord que le serveur est démarré et que vous utilisez bien Minecraft Java Edition. Testez la connexion avec localhost sur le PC serveur, puis depuis un autre appareil du même réseau avant d’essayer Internet. Cette progression permet de distinguer une erreur de lancement, de pare-feu ou de redirection de port. Si seul l’accès extérieur échoue, examinez le routeur, l’adresse locale du serveur et la présence éventuelle d’un CG-NAT.
Sauvegardes et mises à jour
Avant une mise à jour de Paper, de Spigot ou d’un plugin, arrêtez proprement le serveur puis sauvegardez l’ensemble du dossier : monde, configurations, plugins et données associées. Testez de préférence les grosses mises à jour sur une copie. Revenir à une ancienne version de serveur après une conversion du monde peut être impossible sans restaurer cette sauvegarde.
Pour réduire les ralentissements, essayez d’abord des distances de simulation raisonnables et vérifiez les entités ou plugins qui consomment trop de ressources. Notre guide sur les FPS Minecraft explique comment distinguer les problèmes graphiques côté joueur des contraintes de simulation, qui ne se règlent pas au même endroit.





